Search Profiles : une nouvelle fonctionnalité Google pour les médias
La fonctionnalité Google pour les médias baptisée Search Profiles a été dévoilée par Ibrahim Badr, chef de produit Search, sur le blog officiel de l’entreprise. L’idée est simple : offrir aux éditeurs de presse, aux créateurs et aux marques un espace dédié, qu’ils peuvent revendiquer et personnaliser, à l’intérieur même de Google Search et de Google Discover. Un peu comme une page d’entreprise vérifiée, mais hébergée par Google plutôt que par un réseau social.
Sur ce profil, une source peut afficher un avatar, une bannière, une courte biographie, un lien vers son site, ses comptes sociaux et un fil de ses contenus récents tirés de plateformes comme YouTube, Instagram, X ou TikTok. Surtout, un bouton « Suivre sur Google » permet à l’internaute de s’abonner. Une fois abonné, il a beaucoup plus de chances de revoir les contenus de cette source dans son fil Discover, l’actualité personnalisée affichée sur l’écran d’accueil de l’application Google.
On accède à un Search Profile de trois façons sur mobile :
- en touchant le nom d’un média ou d’un créateur dans le fil Discover
- via le panneau de connaissances (le fameux encadré d’informations à droite des résultats)
- ou directement, grâce à une URL dédiée que la source peut partager.
Créer un Search Profile n’améliore pas le classement de vos pages dans les résultats de recherche. Google l’a confirmé : la fonctionnalité agit sur la présentation et la distribution de vos contenus, pas sur l’algorithme de positionnement. C’est un outil d’image et d’audience, pas un raccourci SEO.
Pourquoi Google lance cet outil maintenant : la chute du trafic
La baisse du trafic provoquée par les résumés générés par l’IA est la véritable toile de fond de cette annonce. Depuis l’arrivée des AI Overviews, ces synthèses automatiques affichées en haut des résultats, de nombreux éditeurs constatent que les internautes lisent la réponse sans jamais cliquer vers leur site. Google propose donc un nouvel espace de visibilité (les Search Profiles) pour rassurer un écosystème inquiet.
Les chiffres aident à saisir l’ampleur du phénomène. Une étude du Pew Research Center, menée sur près de 69 000 recherches Google réelles en mars 2025, a mesuré l’effet concret de ces résumés :
Situation Taux de clic vers un site Fin de session Résultats classiques (sans résumé IA) 15 % 16 % Résultats avec un résumé IA (AI Overview) 8 % 26 % Clic sur un lien à l’intérieur du résumé IA 1 % -
Autrement dit, quand un résumé IA s’affiche, le taux de clic vers les sites est presque divisé par deux, et un quart des internautes arrêtent leur recherche sur place.
Qui peut créer un Search Profile aujourd’hui ?
Soyons clairs pour éviter toute déception : à son lancement, cette fonctionnalité réservée aux grands médias et aux créateurs établis reste hors de portée de la grande majorité des entreprises. Plusieurs conditions s’appliquent :
Critère Condition exigée par Google Localisation États-Unis uniquement au lancement Âge du titulaire du compte 18 ans minimum Nombre d’abonnés sur YouTube, Instagram ou X 100 000 minimum sur une seule plateforme Nombre d’abonnés sur TikTok 300 000 minimum
Il suffit de franchir le seuil sur une seule plateforme pour être éligible. Google a annoncé vouloir élargir progressivement l’accès, à la fois en abaissant les exigences et en ouvrant la fonctionnalité à d’autres pays, mais sans calendrier précis. La France n’est donc pas encore concernée.
La marque devient un levier de visibilité à part entière
Au-delà du cas précis des Search Profiles, cette annonce confirme une trajectoire que Google poursuit depuis plusieurs années : passer d'une logique de pages à une logique d'entités.
Concrètement, Google ne cherche plus seulement à comprendre vos contenus un par un, il cherche à identifier qui vous êtes en tant que marque, organisation ou personne, indépendamment de chaque article publié. Travailler son image dans Google, à travers le panneau de connaissances, les données structurées et la cohérence des informations diffusées sur l'ensemble des plateformes, n'est donc plus une simple bonne pratique. Cela devient un levier de visibilité aussi important que l'optimisation éditoriale elle-même.
À mesure que Google Discover pèse davantage que la recherche classique pour les éditeurs, une question de fond se pose pour tout responsable de contenu : jusqu'où la marque va-t-elle remplacer le mot-clé comme unité de base du référencement ?
Ce que les responsables SEO ont intérêt à anticiper
Pour une entreprise qui veut prendre de l'avance, cela revient à soigner son identité numérique avec la même rigueur que ses contenus. Plusieurs chantiers concrets méritent d'être engagés dès maintenant :
- Vérifier que tous les comptes sociaux sont correctement rattachés à la marque dans le Knowledge Graph de Google, car des incohérences ont déjà été repérées sur des profils générés automatiquement.
- Renforcer les données structurées de type Organisation au format schema.org, en particulier la propriété sameAs qui pointe vers chaque profil social officiel et aide Google à reconnaître une seule et même entité.
- Uniformiser le nom, le logo et la biographie sur toutes les plateformes connectées.
- Développer ses audiences propres, qu'il s'agisse d'abonnés Google, de listes de newsletter ou de communautés, car les abonnements Discover deviennent une source de trafic récurrente.
C'est précisément ce type de travail de fond, à la croisée du technique et de l'éditorial, que Velcome SEO intègre dans ses pratiques pour préparer ses clients aux prochaines évolutions de Google.